Quand on cherche à rencontrer d’autres gays ABDL, on imagine assez facilement que le plus important sera de trouver des personnes qui nous ressemblent.
Même âge, mêmes pratiques, mêmes goûts, même façon de vivre l’ABDL…
L’expérience de DL-Frat nous a plutôt appris le contraire.
L’ABDL nous a permis de nous rencontrer. Mais ce sont justement nos différences qui rendent ensuite les échanges intéressants.
Des gars qui ne se seraient probablement jamais rencontrés
DL-Frat est un groupe gay et bi ABDL volontairement à taille humaine et intergénérationnel.
Cela signifie quelque chose de très concret : nous n’avons pas tous le même âge, le même métier, la même histoire ni la même façon de vivre cette facette de nous-mêmes.
Et sans ce point commun assez improbable qu’est l’ABDL, beaucoup d’entre nous ne se seraient probablement jamais rencontrés.
Nous aurions pu nous croiser dans la rue sans nous parler. Nous n’aurions peut-être pas fréquenté les mêmes endroits, eu les mêmes amis ou appartenu aux mêmes cercles.
Et pourtant, une fois réunis autour d’une table ou devant une caméra lors de notre visio du dimanche, ces différences deviennent beaucoup moins importantes. On découvre simplement des personnes.
Être gay et ABDL à 25 ans ou à 60 ans, ce n’est pas la même histoire
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants d’un groupe intergénérationnel.
Les différentes générations n’ont pas découvert leur homosexualité, leur bisexualité ou leur attirance pour l’univers ABDL dans le même monde.
Les plus jeunes ont grandi avec Internet, les réseaux sociaux, les applications de rencontre et un accès presque immédiat à des communautés auxquelles ils peuvent s’identifier.
Pour les générations précédentes, découvrir que d’autres personnes partageaient les mêmes attirances pouvait être beaucoup plus compliqué. Il fallait parfois des années avant de pouvoir mettre un mot sur ce que l’on ressentait, et davantage encore avant de rencontrer quelqu’un avec qui en parler.
Ces expériences ne sont ni meilleures ni pires. Elles sont simplement différentes. Pouvoir les confronter permet parfois de comprendre son propre parcours autrement.
Les plus jeunes apportent leur regard, leurs codes et leur manière de vivre les choses aujourd’hui. Les plus âgés apportent une histoire et une expérience différentes. Et personne n’est là pour expliquer aux autres comment ils devraient vivre.
Il n’existe pas une bonne façon d’être ABDL
La diversité ne concerne d’ailleurs pas seulement l’âge.
Même entre personnes ABDL, les différences peuvent être considérables.
Certains se reconnaissent surtout dans le côté Diaper Lover. D’autres davantage dans la dimension Adult Baby. Pour certains, l’ABDL est très intime ; pour d’autres, il se vit plus facilement. Il peut être lié au confort, aux sensations, au jeu, à la régression, à la sexualité ou à plusieurs de ces dimensions à la fois.
Certains vivent cette part d’eux-mêmes depuis des décennies. D’autres commencent seulement à l’explorer.
Chez DL-Frat, nous ne cherchons pas à déterminer qui serait « vraiment » ABDL ou quelle serait la bonne manière de l’être. Chacun arrive avec son histoire.
Être inclusif ne veut pas dire être un groupe ouvert à tout le monde
Il faut aussi être clair sur ce point.
DL-Frat a une identité : c’est un groupe d’hommes majeurs gays et bisexuels réunis autour de l’univers ABDL. Nous assumons ce choix.
Notre volonté d’ouverture et de diversité s’exerce à l’intérieur de ce cadre. Elle signifie qu’il n’existe pas de génération privilégiée, de physique attendu, de milieu social particulier ou de parcours auquel il faudrait correspondre pour avoir sa place parmi nous.
Nous pouvons avoir des métiers très différents, vivre dans différentes régions, être célibataires ou en couple, extravertis ou plus réservés, avoir beaucoup ou peu d’expérience de l’ABDL.
Nous ne cherchons pas des gars qui se ressemblent. Nous cherchons des gars qui ont envie de se connaître malgré — et parfois grâce à — leurs différences.
Ne pas recréer entre nous les barrières que nous avons connues ailleurs
Quand on partage une facette de soi aussi particulière que l’ABDL, on sait généralement ce que signifie se demander comment les autres vont nous regarder.
Est-ce qu’ils vont comprendre ? Juger ? Se moquer ? Nous réduire à cette seule facette de notre personnalité ?
Il serait assez paradoxal de trouver enfin des personnes avec lesquelles nous pouvons être nous-mêmes pour recréer ensuite entre nous d’autres critères de jugement.
L’âge, l’apparence, le métier, le niveau d’études, la situation sociale ou la manière de vivre l’ABDL ne devraient pas devenir des critères permettant de décider de la valeur d’une personne.
Cela ne veut évidemment pas dire que tout le monde devient automatiquement ami avec tout le monde. Les affinités existent. Les désaccords aussi.
Mais on peut être très différent de quelqu’un et prendre plaisir à discuter avec lui, apprendre à le connaître et découvrir son univers.
L’ABDL comme point de départ, pas comme point d’arrivée
C’est peut-être finalement ce qui caractérise le mieux DL-Frat.
Au départ, nous nous rencontrons parce que nous sommes gays ou bi et ABDL.
Puis nous parlons.
Au fil des visios, des messages sur WhatsApp et des rencontres dans la vraie vie, les conversations commencent rapidement à parler d’autre chose : travail, famille, musique, voyages, voitures, cuisine, projets, vacances, petits soucis du quotidien…
Et progressivement, l’étiquette « ABDL » passe au second plan. Elle reste là. Elle fait partie de nous et nous pouvons en parler librement. Mais elle n’est plus la seule raison pour laquelle nous avons envie de nous retrouver.
C’est à ce moment-là qu’un groupe ABDL commence peut-être à devenir simplement un groupe d’amis.
Ce que les générations peuvent s’apporter
Un groupe intergénérationnel fonctionne lorsque personne ne considère que son âge lui donne davantage de légitimité que les autres.
L’expérience n’appartient pas uniquement aux plus âgés et la nouveauté n’appartient pas uniquement aux plus jeunes. Chacun peut apporter quelque chose.
Une expérience vécue il y a trente ans peut éclairer une situation actuelle. À l’inverse, une personne plus jeune peut faire découvrir des usages, des façons de penser ou des manières de vivre que les autres connaissent moins.
Et parfois, il ne s’agit même pas d’apprendre quelque chose.
Il s’agit simplement de rire ensemble, de préparer un repas, de partir en week-end, de naviguer quelques jours, de discuter jusque tard dans la soirée ou de prendre des nouvelles d’un copain.
À ce moment-là, les différences d’âge deviennent assez secondaires.
Une petite fraternité faite de différences
DL-Frat ne cherche donc pas à construire un groupe homogène. Ce serait même assez dommage.
Ce que nous voulons préserver, c’est un groupe suffisamment petit pour que chacun puisse réellement connaître les autres, mais suffisamment ouvert aux différences pour continuer à être surpris par les personnes qui le rejoignent.
Notre point commun nous a permis de nous trouver.
Nos différences nous donnent des choses à nous raconter.
Et le temps passé ensemble fait le reste.
C’est probablement cela, pour nous, une fraternité à taille humaine : pouvoir être soi-même sans demander aux autres de nous ressembler.
Et si cette façon de voir les choses te parle ?
DL-Frat prend le temps de faire connaissance avec les personnes qui souhaitent découvrir le groupe.
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