Forums, réseaux sociaux, Discord, applications de rencontre… Internet a profondément changé la façon dont les personnes ABDL peuvent se découvrir et échanger. Lorsqu’on a longtemps pensé être seul à aimer porter des couches ou à se reconnaître dans l’univers ABDL, découvrir qu’il existe beaucoup d’autres personnes qui vivent la même chose peut déjà être une expérience importante.
Mais le virtuel a aussi ses limites.
On peut discuter pendant des mois avec quelqu’un sans vraiment le connaître. Les échanges peuvent rester centrés presque exclusivement sur l’ABDL ou la sexualité. Et lorsqu’arrive l’idée de se rencontrer pour de vrai, les questions commencent : Est-ce que je peux lui faire confiance ? Que va-t-il attendre de cette rencontre ? Et si le courant ne passe pas ? Comment préserver ma vie privée ?
Chez DL-Frat, nous avons été confrontés exactement à ces questions.
Chercher des personnes avant de chercher des pratiques
Lorsqu’on fréquente des espaces ABDL sur Internet, il est assez naturel de commencer par ce que l’on a en commun : les couches, les préférences, les pratiques, les rôles ou les fantasmes.
Pour construire une relation qui puisse exister au-delà de l’ABDL, cela ne suffit pas forcément.
Deux personnes peuvent partager exactement les mêmes goûts et ne rien avoir à se dire autour d’un café. À l’inverse, deux gars qui vivent leur côté ABDL de façons très différentes peuvent parfaitement s’entendre, rire ensemble et devenir amis.
C’est progressivement devenu l’un des principes de DL-Frat : l’ABDL permet la rencontre, mais il n’a pas besoin d’en être constamment le centre.
Lors de nos visios du dimanche, nous parlons évidemment parfois d’ABDL. Mais nous parlons aussi de notre semaine, de boulot, de vacances, de musique, de voitures, de projets, de nos petits soucis ou simplement de ce qui nous fait rire.
C’est souvent ainsi que l’on commence réellement à connaître quelqu’un.
La visio change beaucoup de choses
Entre le message écrit et la rencontre physique, nous avons trouvé une étape particulièrement utile : la visioconférence.
Voir un visage, entendre une voix, discuter spontanément pendant une heure n’a rien à voir avec une succession de messages.
La visio permet de vérifier assez simplement que chacun est bien celui qu’il prétend être, mais son intérêt va beaucoup plus loin. Elle permet surtout de ressentir quelque chose que les questionnaires et les profils ne peuvent pas mesurer : est-ce que nous avons naturellement envie de continuer à discuter ensemble ?
Chez DL-Frat, les premières visios ne sont donc pas conçues comme des entretiens d’embauche ou des examens. Elles servent d’abord à faire connaissance.
Et cette découverte doit fonctionner dans les deux sens. Nous cherchons à savoir si une personne pourrait se sentir bien avec nous, mais elle doit également pouvoir déterminer si DL-Frat lui correspond réellement.
Prendre son temps n’est pas une mauvaise chose
Sur Internet, tout peut aller très vite : quelques messages, échange de photos, puis proposition de rencontre.
Nous avons choisi une autre approche.
Faire connaissance progressivement permet à chacun de conserver la maîtrise de ce qu’il souhaite révéler de lui-même. Il n’est pas nécessaire de donner immédiatement son nom complet, son adresse, son employeur ou d’autres informations personnelles.
La confiance ne se décrète pas. Elle se construit.
Plusieurs échanges et plusieurs visios permettent aussi de comprendre ce que chacun recherche réellement. Une personne peut souhaiter essentiellement rencontrer des partenaires sexuels ; une autre cherche avant tout des amis avec lesquels elle pourra vivre librement son côté ABDL. Aucune de ces attentes n’est illégitime, mais elles ne conduisent simplement pas aux mêmes types de relations.
Les clarifier évite beaucoup de malentendus.
Et puis vient la vraie rencontre
À un moment, si le courant passe, il faut sortir de l’écran.
C’est probablement l’étape qui nous a le plus appris depuis la création de DL-Frat.
Passer plusieurs jours ensemble est très différent d’une conversation en ligne. On cuisine, on prend l’apéritif, on se promène, on visite quelque chose, on joue, on discute tard dans la soirée… et parfois on ne fait absolument rien de particulier.
L’ABDL peut être présent sans déterminer tout le programme.
C’est précisément dans ces moments ordinaires que des relations virtuelles commencent à devenir de véritables relations humaines.
Nous avons ainsi découvert qu’un présentiel ne servait pas seulement à « rencontrer des ABDL ». Il permettait surtout de découvrir les personnes qui se trouvaient derrière cette caractéristique commune.
La sécurité et la confidentialité restent essentielles
Rencontrer quelqu’un connu sur Internet demande néanmoins quelques précautions élémentaires.
Pour une première rencontre individuelle, un lieu public est généralement préférable. Prévenir une personne de confiance, conserver son propre moyen de transport lorsque c’est possible et ne pas se sentir obligé d’accepter une situation inconfortable sont des précautions simples.
Dans l’univers ABDL, une autre question est particulièrement importante : la confidentialité.
Tout le monde ne vit pas cette facette de sa personnalité de la même manière. Certains en parlent facilement ; d’autres la réservent à quelques personnes très proches.
Une photo prise lors d’un week-end, un prénom cité publiquement ou une publication sur un réseau social peuvent avoir des conséquences auxquelles on n’avait pas pensé.
Chez DL-Frat, nous considérons donc que ce qui concerne un autre membre lui appartient. Être accueilli dans son intimité implique de la respecter.
Un petit groupe change aussi la rencontre
Nous avons également découvert quelque chose que nous n’avions pas forcément anticipé au départ : rencontrer un groupe est différent de rencontrer une personne.
La relation ne repose plus entièrement sur deux individus. Les personnalités sont différentes, les conversations circulent et chacun peut progressivement trouver sa place.
Cela réduit également une ambiguïté fréquente dans les rencontres entre hommes gays : faire connaissance avec quelqu’un ne signifie pas nécessairement commencer une relation sentimentale ou sexuelle avec lui.
On peut simplement avoir envie de devenir amis.
C’est l’une des raisons pour lesquelles DL-Frat reste volontairement à taille humaine. Notre objectif n’est pas d’accumuler les membres, mais que les personnes présentes aient réellement l’occasion de se connaître.
Il n’existe pas de méthode parfaite
Ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas une recette universelle.
C’est simplement le résultat de ce que nous avons appris depuis la création de DL-Frat : un premier contact, quelques échanges, une première visio, la découverte du fonctionnement et des valeurs du groupe, une nouvelle rencontre en visio puis, lorsque cela devient possible, une rencontre dans la vraie vie.
Nous avons ajusté cette façon de faire au fil des personnes rencontrées, des réussites et parfois des difficultés.
Mais une conviction s’est progressivement imposée : pour sortir de la solitude, il ne suffit pas nécessairement de trouver davantage de profils ABDL. Il faut trouver des personnes avec lesquelles on a envie de construire quelque chose.
C’est beaucoup plus lent qu’un swipe ou qu’une petite annonce.
Mais c’est aussi ce qui peut transformer une particularité que l’on vivait seul en point de départ de véritables amitiés.
Et DL-Frat dans tout ça ?
DL-Frat est une fraternité à taille humaine réunissant des gars gays et bi autour de l’univers ABDL en France.
Nous nous retrouvons régulièrement en visio et plusieurs fois par an dans la vraie vie. Nous ne cherchons pas à recruter pour être plus nombreux : nous préférons prendre le temps de faire connaissance.
Le DL nous a réunis. L’amitié fait le reste.
Et si cette façon de voir les choses te parle ?
DL-Frat prend le temps de faire connaissance avec les personnes qui souhaitent découvrir le groupe.
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